#52 - Rendez-vous du 21 mars : le Pacte d'activité contributive peut-il sauver les artistes ?

Créateur : Equipe
Date : 19-03-2021 16:08:50
11messages4participants
le 19-03-2021 16:08:50
Equipe
Coopérant
Retrouvez ici la captation de l'atelier d'élaboration collaborative avec Pauline AlphenChiara Datolla et Virginie Labroche.
Déposez ci-dessous vos réactions et vos questions.

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le 22-03-2021 14:00:42
Danielle
Coopérant
La question s'est posée, entre autres, de cette différentiation entre le"travail" et l'"oeuvre", et dans ce contexte, le travail de l'artiste, de l'auteur, de fabrication de l'oeuvre finale, n'est pas pris en compte.
Comme le valoriser ? Comment le justifier autrement que par une approche comptable ?
Et pour les écrivains, comment justifier aussi que le pourcentage au final du livre vendu soit si infime ?

Il est apparu aussi la question importante du statut, et de ce fait celui rendu possible par "contributive" qui peut servir de passerelle et de reconnaissance/valorisation.

Je pense que tant que la culture au sens large n'aura pas sa juste place dans la société, les artistes devront se battre et affirmer coûte que coûte leur importance vitale pour le devenir humain.
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le 22-03-2021 17:43:37
Equipe
Coopérant
Voici la captation de cette table ronde où beaucoup de choses intéressantes se sont dites. 
Un grand merci à nos interlocutrices et participant.e.s !


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le 22-03-2021 17:59:40
Lucile
Coopérant
Merci pour cette table ronde et les regards croisés de Pauline Alphen, Virginie Labroche et Chiara Dattola, sans oublier la touche poétique de Saleh Diab, émouvante et rare par les temps qui courent.

Il y a été question de la vieille croyance que l'argent vient salir l'art & les artistes, penseurs passionnés que l'on préfère imaginer sans facture à payer à la fin du mois. Cette croyance qui pousse à invisibiliser le TRAVAIL mené par ces artistes pendant des années pour arriver à un beau résultat - ces années de tâtonnements non rémunérées. Etre artiste coûte cher. Or nous avons besoin d'artistes.

Des points de vigilance ont été soulevés : 
1) Le Pacte d'activité contributive ne devra pas dispenser ceux qui tirent un commerce de l'art de rémunérer les artistes directement, attention aux glissements. (Pas de : "Puisque tu es payé dans le cadre du Pacte en tous les cas, tu pourrais venir contribuer gratuitement à ce festival...") 

2) Le Pacte doit éviter de reproduire le phénomène "droit de vie ou de mort sur les artistes" que représentent actuellement les institutions culturelles. Pas d'expert pour juger qui a le droit d'être exposé ou édité. 

Puisqu'on imagine un nouveau système, visons le plus juste possible, et continuons à réfléchir ensemble.
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le 09-04-2021 10:13:43
Echos
Coopérant

Danielle : Ce n’est pas aux auteurs de relancer leur dû auprès des éditeurs.


Virginie : Pauline, es-tu rémunéré par ton éditeur si tu participes à un salon du livre par exemple ?


Pauline : Je suis défrayée (hébergement, repas, transport), mais je ne suis pas rémunérée pour les deux jours de signature. Les salons pour les auteurs jeunesse sont le plus souvent associés à des interventions scolaires qui, elles, sont payées, à la fois par les écoles et es mairies, à défaut des éditeurs. Heureusement.

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le 09-04-2021 10:15:06
Echos
Coopérant

Danielle : La question du travail « invisible » des artistes par manque de rémunération est essentielle ; mais comment la prendre en compte quantitativement ?


Catherine : La création est un travail qui doit être rémunéré et pas seulement l’œuvre finale. 


Equipe contributive : Le projet {contributive} pourrait-il rendre visible cet invisible ?


Danielle : On a parlé de quantité du travail, mais pas de qualité : faut-il aujourd’hui différencier les « amateurs » des professionnels ?


Ariel : Et qui serait légitime pour opérer cette distinction entre amateurs et les professionnels ? 

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le 09-04-2021 10:15:40
Echos
Coopérant

Catherine : Eveiller les esprits, éduquer : est-ce une contribution ou un travail ?


Danielle : Je suis d’accord avec Chiara ! La période covid est une occasion de créer encore plus, différemment peut-être, et contribue à stimuler chez d’autres leur créativité. C’est une vraie contribution et aussi une mission indispensable.

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le 09-04-2021 10:16:27
Echos
Coopérant

Hanna : Qui choisit dans quel cas de figure se trouve l’auteur ? Le problème de fond me semble-t-il est aussi que l’Etat n’a plus autant d’argent et l’exception française est en train de voler en éclats à cause des Netflix, Disney Chanel et autres distributeurs Internet. Partant de là peut-être que l’artiste doit faire plus d’efforts pour « vendre » ses produits qu’auparavant.

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le 18-04-2021 17:30:27
Equipe
Coopérant
Cet atelier a posé (entre autres), une question :

"Quel type d'activité artistique pourrait justifier d'être reconnue par le Pacte comme "effort de contribution au bien commun ?"

1. L'exemple d'Ariel a fait consensus :
Elle préserve un héritage culturel en voie de disparition, tout à la fois des machines et des savoir-faire.Elle transmets ces savoir-faire. Elle sensibilise les jeunes à cet héritage. Elle crée avec ces machines disparues : son art à elle, plasticienne et graphiste, des livres d'art, et elle donne vie à l'art des autres.

Il est injuste et indigne qu'Ariel n'ait pas de revenus décents et dépende des aides sociales minimales.

2. La question de l'absence de popularité génératrice de profit a montré une ligne de tension du collectif

Pour exemple, voici le commentaire de Philippe

« Le peintre qui ne trouve pas le succès et ne réussit pas à vivre de son art est-il lancé dans une quête que son manque de talent rend vaine, ou fait-il parti des génies ignorés que Contributive.org va permettre d’éclore ? J’ai peur que le premier cas soit plus courant et que le projet devienne un « cour des miracles ».

Ce peintre, pour Philippe, nourrit un plaisir personnel et une activité narcissique :

« Comment s’assurer qu’une activité dépasse l’élan égoïste ou égotiste ? L’écrivain écrit-il pour les autres ou pour lui-même ?»

C'est d'ailleurs cette vision de l'artiste qui justifie qu'on ne le paie pas pour son travail comme le faisait remarquer Pauline dans l'atelier, et que cette habitude de ne pas le payer a été "consolidée par l'industrie culturelle qui en joue". Elle en donnait pour exemple son cas : pour un livre de 15 euros, elle touche 40 cts. Combien de livres devrait-elle vendre pour créer un salaire minimum ?"

Il faut rapprocher ce commentaire de Philippe du commentaire de Hanna, rapporté plus haut
"l’artiste doit faire plus d’efforts pour « vendre » ses produits qu’auparavant."

Ce sont des remarques qui ne tiennent pas compte de la réalité de l'industrie culturelle et créative et de ses "habitudes consolidées".

C'est aussi une vision - répandue- de l'art, qui classe l'art en deux catégories : un "produit" ou une forme d'onanisme créatif. Si on a du talent, on crée un produit. Si on n'a pas de talent, on est dans l'onanisme...

La part contributive de l'art et l'absence de reconnaissance du travail de l'artiste sont tout simplement invisibles et ignorées.

{contributive} est là pour reconnaître la part contributive de l'art et des artistes, pas pour se substituer aux industries qui choisissent de ne pas rétribuer l'artiste quand elles le peuvent.

Et pourtant, comme le disait Pauline, si ces industries ne le font pas, faut-il juste laisser crever les artistes ?

Le débat doit donc encore continuer...

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le 18-04-2021 17:37:30
Equipe
Coopérant
On peut classer les activités artistiques d'artistes qui auraient besoin de s'inscrire dans le Pacte d'activité contributive selon les catégories suivantes
  1. L’activité artistique professionnelle dans un projet artistique qui a un modèle économique ayant les moyens de rémunérer les artistes et qui ne le fait pas (par exemple l'édition)
  2. L’activité artistique professionnelle dans un projet  artistique qui n’a pas un modèle économique suffisant pour rémunérer les artistes (projets avec un petit budget de production ou sans budget de production
  3. L’activité artistique professionnelle dans un projet artistique qui n’a encore de modèle économique (projet en construction)
  4. L’activité artistique dans la transmission
  5. L’activité artistique dans la thérapie
  6.  L’activité artistique dans l’accompagnement à toute forme d'action sociale
  7.  L’activité artistique en tant qu’outil de recherche pour d’autres champs que l’art
  8.  L’absence d'activité artistique d'un artiste privé d’emploi dans son domaine

Est-ce que le Pacte devrait couvrir tous ces cas de figures ?
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le 18-04-2021 17:43:56
Equipe
Coopérant
Selon les parties prenantes présentes dans l'atelier, le Pacte devrait couvrir l'activité créatrice, le temps de création d'un artiste, pas seulement à ceux qui font une activité contributive nettement repérée comme « je vais faire un atelier dans une école, je fais de la médiation avec des jeunes en difficultés, j’anime une soirée ou un atelier gratuitement ».

Et ce :

1.       Sans s’appuyer sur le statut professionnel artistique

2.       Sans passer par une commission de sélection avec numerus clausus

3.       En donnant le temps de la création et en acceptant les impasses


Ce point de vue soulève deux séries de questions :

1ère série de questions sur l’acceptabilité et le caractère « juste » de cette proposition


  • Mais alors n’importe qui, privé de ressources, pourrait décréter un matin en se réveillant « je vais composer une album, faire un film, écrire un livre et je vais déclarer ce projet comme une activité contributive »
  • Mais alors, on pourrait passer sa vie à passer d’un projet à l’autre ou sur le même projet ?
  • Mais alors, tout ce qu’une personne décrète comme « art » est art qui contribue au bien commun
  • Comment fait-on pour définir un projet artistique qui est contributif ? Quelles sont les propositions ?
  • Comment fait-on pour évaluer que la part du Pacte, la part de contribution, a été effectuée par l’artiste ?


2e série de questions sur ce qu’il se passe une fois que l’œuvre existe
  • Si le projet aboutit doit-il rester hors du champ marchand ? Non, car sinon l’artiste ne peut jamais accéder à un autre statut que le statut de contributeur.
  • Si le projet aboutit et génère des profits, une partie doit-elle revenir au dispositif du Pacte ? Un pourcentage ? Un remboursement total ? Rien ?
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le 20-04-2021 14:53:13
Equipe
Coopérant
Un deuxième atelier sur le modèle économique des artistes et le Pacte d'activité contributive s'est tenu le 19/04/21 au Nouveau Théâtre de Montreuil avec une partie de l'équipe du NTM et quelques artistes associés au théâtre. 

Les échanges y ont été très différents de notre 1er atelier, découvrez la captation ci-dessous :
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