#73 - Rendez-vous du 7 avril : La santé, une affaire de contributions ?

Créateur : Equipe
Date : 09-04-2021 14:31:04
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le 09-04-2021 14:31:04
Equipe
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Retrouvez ici le captation de la table ronde et venez réagir en ligne !
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le 09-04-2021 14:34:48
Echos
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Christine : Quelles sont les maladies apparentées à la maladie d’Alzheimer ? Par rapport au nom du co-organisateur "

"France Alzheimer et maladies apparentées".

 

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le 09-04-2021 14:38:07
Echos
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Nathalie : Je partage le témoignage de Michel lu par Laurent. Pour l’avoir vécu, en tant qu’aidante de deuxième ligne, la grande entreprise n’avait pas les ressources pour « absorber », en tant que corps social, le dérèglement qu’occasionne une démarche d’aidant. J’ai vu les regards se détourner et il m’était impossible même de parler de mes difficultés.




Témoignage de  Michel

 

 

« Michel, tu as pensé à changer de boîte ? »

Voilà le genre de questions que l’on me pose aujourd’hui, deux ans et demie seulement après avoir appris que ma femme était atteinte de la maladie d’Alzheimer.

 

Cette question, on ne me l’aurait jamais posée avant. Mon travail de manager était reconnu au sein du grand groupe qui m’emploie. Il est toujours reconnu par la quarantaine de personnes que j’encadre. Et je fournis des efforts considérables pour que la maladie de mon épouse ne nuise en aucun cas à mon travail…

 

Nous avons 54 ans tous les deux, elle est complètement dépendante de moi, et j’ai aussi la charge de nos deux grands enfants étudiants. Mon travail, mon revenu régulier, c’est donc notre survie à tous. Alors je fais tout pour le garder.

 

Je ne me repose jamais, car je prends sur mes jours de congés, sur les week-ends, sur les vacances pour emmener ma femme en consultation médicale, effectuer toutes les démarches pour avoir des aides liées à sa maladie… Ma société prévoit la possibilité de travailler de temps en temps à domicile, mais ce n’est pas compatible avec mon poste, qui me demande d’être auprès de mon équipe. La seule possibilité offerte par l’entreprise que j’utilise, ce sont les horaires flexibles, je ne pourrais pas faire autrement.

 

Mais malgré tous ces efforts, je sens bien qu’on me pousse chaque jour un peu plus vers le placard. Est-ce que j’ai eu le tort de parler de ma situation à mes chefs ? Mon chef N+2, comme on dit, s’est montré compréhensif car son père est atteint de la maladie d’Alzheimer, il sait ce que c’est. Mais mon chef direct, lui, me pénalise. Il me note moins bien qu’avant, or les notes comptent dans ma rémunération, qui a de fait baissée.

 

Alors est-ce que je pense à changer de boîte ? Pas pour l’instant, non. Je me dis que ce statut d’aidant familial n’étant pas du tout reconnu dans le monde de l’entreprise, je n’ai d’autre choix que d’accepter certaines vexations.

 

C’est une situation difficile, très angoissante et parfois humiliante. Les entreprises parlent beaucoup de politique sociale, de diversité. Mais la diversité, c’est prendre en compte toutes les situations particulières : une maman célibataire, une personne handicapée, un aidant familial… Malheureusement, on en est encore très loin.

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le 09-04-2021 14:42:27
Echos
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Danielle : En effet, il faut valoriser le statut de la compétence de ce qu’on offre, en terme humain : garder dans l’entreprise des temps de parole, de réflexion et d’échange. L’aidant doit être mis en « posture haute » par lui-même, et par son environnement.

La santé mentale, c’est à la fois son moteur, le désir et son « objectif » : le sens que l’on choisit de donner à sa vie, le tout dans un contenant social réconcilié.

Les Etats-Uniens ont construit leur pays en valorisant l’indépendance, l’autonomie et l’initiative individuelle. L’inverse de chez nous !

 

Catherine : Ne pas oublier que la vulnérabilité touche chacun d’entre nous.


Nathalie : Intéressant la reconnaissance de notre vulnérabilité. Elle peut être étendue à la vulnérabilité de notre monde et à l’attention et au soin qu’on doit lui porter pour survivre collectivement. L’aide et la contribution s’imposent comme nécessaires dans ce cadre.


Catherine : De même lorsque nous disons que la contribution ne doit pas être liée au statut, il me semble que l’on ne doit pas distinguer des niveaux de contribution en fonction de l’état de la personne. Il vaut mieux réfléchir aux contributions des individus au cas par cas.

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